Petit historique...

Pour comprendre l’origine de la thérapie brève systémique et stratégique, il faut remonter aux années ‘50.

En effet, elle prend sa source dans les travaux de l’Ecole de Palo Alto (Californie), réalisés par l’équipe du Mental Research Institute (MRI). Le MRI est créé en 1959 par Don Jackson, Virginia Satir et Jule Riskin qui seront rejoints plus tard par d’autres grandes figures telles que Paul Watzlawick, Richard Fisch, Jay Haley et John Weakland. Le MRI fonde son travail sur les recherches et les travaux de l’anthropologue Grégory Bateson qui a introduit les notions de communication et de relations humaines.

La thérapie brève systémique et stratégique (ou thérapie brève de Palo Alto) s’inspire également des apports de l’hypnose Ericksonienne, des thérapies systémiques et des derniers développements en matière de communication (neurosciences, constructivisme social, thérapies orientées vers la solution, thérapies narratives,…).

Né aux Etats-Unis, le courant de la thérapie brève de Palo Alto s’est propagé en Europe par le biais, notamment,  du Centre de Thérapie Stratégique d’Arezzo (CTS) fondé en 1987 par Giorgio Nardone et Paul Watzlawick, et de l’Institut Grégory Bateson (IGB) (représentant officiel du MRI pour l’Europe francophone) fondé en 1987 par Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia. Le CTS et l’IGB ont poursuivi les recherches en thérapie brève initiées au MRI.

La thérapie brève, une thérapie axée sur le changement….

« Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé dix mille moyens qui ne fonctionnent pas ». A. Einstein

La thérapie brève se base sur le courant du constructivisme. Cela signifie qu’elle prend en considération le fait que chaque individu (patient, spécialiste) et chaque culture a sa façon de concevoir le monde et d'être en interaction avec lui, conception qui est d'ailleurs en constante évolution.

La thérapie brève part aussi du principe qu’un problème naît d'une difficulté récurrente, sans quoi ce ne serait qu’un malaise passager. Cela signifie donc qu'au-delà des faits passés qui ont permis l'émergence du problème, des choses actuelles (des comportements, des conceptions, des interactions, …) se passent et entretiennent ce problème.

Si un individu ou une famille ne peut résoudre lui-même son problème, la fonction du thérapeute sera de briser cette récurrence problématique et d'accompagner cette personne, cette famille afin qu'elle(s) puisse(nt) trouver un équilibre "plus approprié" qui permettra l'élimination du symptôme, la résolution du problème. Dès lors, le courant de la thérapie brève a focalisé ses recherches sur la manière d’opérationnaliser des interventions efficaces orientées vers le changement, la résolution concrète des problèmes, en tenant compte de la réalité dans laquelle chaque personne s’inscrit.

Problèmes traités…

Les problèmes traités par la thérapie brève sont divers, notamment :

-phobies, angoisses, obsessions, tocs, dépressions, stress post traumatique, stress, harcèlement, fatigue professionnelle, troubles alimentaires,…

-relations parents-enfants,…

-troubles affectifs et sexuels, violence,…

-hyperactivité, difficulté de concentration, décrochage, …

-délires, paranoïa, schizophrénie,…

-etc.

Mesures d'efficacité de la thérapie brève...

De manière générale, le concept d'efficacité se caractérise par l'amélioration du symptôme, une plus grande capacité à travailler, un meilleur ajustement sexuel, une amélioration des relations entre les personnes, une plus grande capacité à affronter les difficultés psychologiques les plus répandues, une capacité plus grande à réagir au stress quotidien. On sait qu'un cas est considéré comme résolu et un traitement comme réussi, lorsqu’il y a élimination du (des) symptôme(s), résolution du (des) problème(s), mais également lorsque la disparition des symptômes et des problèmes persiste dans le temps, sans rechute ni substitution de nouveaux symptômes aux anciens. Différentes recherches ont été menées en thérapie brève au CTS pour mesurer cette efficacité. Il ressort de ces recherches que plus de 75% des patients traités par thérapie brève ont manifesté de fortes améliorations endéans les 10 premières séances. Un follow up a été réalisé après un an pour évaluer le maintien des changements.

En conclusion…

La thérapie brève est une méthode d'intervention expérimentée, étudiée et évaluée depuis plus de 70 ans, notamment aux Etats-Unis et en Italie. Elle est axée sur la résolution du (des) problème(s) concret(s) défini(s) par le patient. Cette progression du patient au niveau de ses problèmes qui, souvent, génèrent une grande souffrance, entraîne chez lui un changement et permet une mobilisation nouvelle de ses capacités. Différentes recherches ont mis en évidence l'efficacité de ce type d'intervention que nous pouvons également constater dans notre pratique au quotidien.